Bilan du Millésime 2014

Millésime 2014, l’année des superlatifs.

Le vieil adage qui veut que les années se suivent mais ne se ressemblent pas, s’applique très clairement aux millésimes et au métier de vigneron. 2014 nous a en encore donné une belle illustration, contrastant avec son ainé 2013.

Sur le plan climatique d’abord, où l’on observe dès les mois d’hiver des températures parmi les plus douces de la décennie ; les hauteurs de précipitations sont sur la même période parmi les plus fortes enregistrées puis enfin les plus faibles tout au long du printemps. Ces variations de pluviométrie et de températures vont se poursuivre tout au long de l’été, jusqu’à la récolte, forçant chacun à s’adapter à des conditions versatiles et peu souvent accommodantes.

Il est vrai, pourtant, que dès la fin du printemps chacun a le sentiment de s’avancer vers un millésime précoce. Les températures sont douces et la floraison rapide et hâtive. La sortie de grappes en grenache, et de manière générale sur tous les cépages, est prometteuse. Depuis longtemps, on n’avait pas vu autant de raisins et si peu de coulure. Le sourire et la bonne humeur se lisent sur les visages ; on se prépare joyeusement à recueillir une récolte à la fois qualitative et suffisante pour satisfaire aux exigences économiques.

Cependant, le mois de juillet qui suit n’est pas de tout repos. Les températures sont curieusement assez fraîches et la récolte s’éloigne. Au vignoble, il faut maîtriser la pousse et faciliter la bonne maturation des fruits. On s’affaire, on surveille le ciel, on donne un dernier coup de collier pour atteindre la maturité nécessaire à l’obtention de nos grands vins rouges. Heureusement, l’été s’installe enfin à la fin août, apportant un peu de répit ! Il durera jusqu’à début novembre !

Dans ces conditions, les vendanges débutent sereinement dans la deuxième quinzaine de septembre. Les maturités sont souvent concomitantes entre les différents cépages. On vendange vite.

En cave, le rythme se maintient. Les fermentations sont rapides. L’été indien permet de maintenir des températures favorables aux déclenchements des fermentations malolactiques.  Les vins « se font » vite. On observe cependant des arrêts de fermentation, des fermentations malolactiques sur sucre, sous marc ou certaines partielles, arrêtées par le froid…

A la mi-décembre, lorsque le froid s’installe, les vins sont, pour la plupart, stables sur le plan microbiologique et la phase d’élevage peut commencer.

Pour une autre partie, en revanche, on note une fragilité due, parfois, à une vendange non satisfaisante sur le plan sanitaire. Il faudra les surveiller tout l’hiver et être vigilants sur le plan des déviations microbiennes.

Au final et à ce jour, en fin d’hiver, les vins blancs et rosés sont, pour la grande majorité, en bouteilles. Ils sont frais et équilibrés, avec une belle expression aromatique.

Les rouges, quant à eux, sont disparates, conséquence des impacts climatiques tout au long de l'année. Ce millésime 2014 est hétérogène ; d’une part, on déguste des vins souples, tendres et d’une grande fraicheur aromatique et d’une autre part, des vins rouges puissants, taniques et concentrés, à l’image de ce que l’on sait faire habituellement.

Enfin et une fois encore, les vignerons du Sud de la Vallée du Rhône ont pu prouver qu’ils savaient modeler la matière, contrer les éléments, pour enfin, dans le Sud, redonner sa place de prédilection aux grenaches dans les assemblages, après une année 2013 très difficile.