Millésime 2014 : Etat du vignoble au 20 août

2014, année des superlatifs. Des températures hivernales parmi les plus douces de la décennie, des hauteurs de précipitations parmi les plus fortes en hiver, les plus faibles au printemps. Une belle sortie de raisins, en grenache et, de manière générale, sur tous les cépages, nous avait fait espérer un millésime quantitatif, tant attendu ! Les conditions climatiques de la fin du printemps nous laissaient envisager un millésime précoce et qualitatif. Puis l’été est arrivé avec des températures parmi les plus fraîches de la décennie et des hauteurs de précipitations parmi les plus fortes

La vigne est une plante méditerranéenne qui a besoin de chaleur et de lumière pour mûrir parfaitement ses raisins. Or les conditions particulières de moiteur, que nous avons actuellement, ralentissent le processus de maturation.

En cet été 2014, les difficultés auxquelles sont confrontés les vignerons, conséquences d’une climatologie capricieuse, sont nombreuses ; au début du mois de juillet, un échaudage sur tous les cépages, en présence d’oïdium, a entrainé une fragilisation des pellicules, constituant ainsi une porte d’entrée aux maladies. Celles-ci exercent d’ailleurs une pression non négligeable. L’oïdium a sévi durant les mois de juillet et août, le mildiou fait son retour en cette fin de mois d’août et risque malheureusement d’engendrer de manière induite des déficits de maturité, par déficience photosynthétique.

La pluviométrie plus élevée que la normale en juillet ainsi que des temps d’humectation longs et des épisodes de mistral beaucoup moins soutenus en période estivale que d’habitude sont à l’origine d’une installation de botrytis sur grappe.

De plus, certains secteurs de la Vallée du Rhône ont eu à faire face à des orages de grêle parfois violente ; c’est le cas, de manière isolée, sur le Sud de l’Ardèche, le Gard Rhodanien et les appellations Crozes-Hermitage et Saint-Joseph.

Actuellement, l’arrêt de croissance n’a pas encore eu lieu, l’activité de la végétation concurrence le processus de maturation.

Pour les secteurs les plus précoces, là où les vendanges devraient commencer la semaine prochaine pour les blancs et les premières syrahs, des impacts de pourriture acide et de botrytis sont observés. Il faudra en tenir compte en cave.

Au vu de cet état des lieux, il est primordial de favoriser l’aération des grappes, afin que la maturité se déroule dans les meilleures conditions possibles, par un effeuillage et des vendanges en vert partielles, afin d’éviter les entassements de grappes.

Malgré tout, il faut rappeler que le vignoble est très hétérogène et que les situations que l’on vient de décrire ne représentent évidemment pas la totalité du vignoble.

 Enfin gardons à l’esprit que l’alternance de nuits fraîches et de journée relativement chaudes favorisent toujours la synthèse de pigments colorés dans les pellicules. De même les précurseurs d’arômes sont mieux préservés et laissent présager des profils fruités intéressants.

Pour finir, le millésime 2014 s’annonce aujourd’hui comme une année normale à tardive. La surveillance de l’état sanitaire sera prédominante pour décider des dates de récolte et des itinéraires de vinification à mettre en place. Observation, réactivité sont, sans doute, le gage de réussite d’un millésime qui s’annonce d’ores et déjà technique.